Un décret délivré ce 29 janvier vise à instaurer un nombre minimum de soignants par patient pris en charge. Il devrait optimiser la charge de travail des soignants alors qu’ils dénoncent un manque de personnel dans les hôpitaux et un nombre trop élevé de patients qui conduit à un surmenage du personnel.

Le surmenage est un tout. Selon un baromètre de la santé des professionnels de santé établi par Posos et Lifen, en 2023, 96% du personnel soignant interrogé affirmait ressentir une fatigue intense au travail. A l’origine de ce sentiment : une surcharge de tâches à accomplir face un nombre de patients trop important. Parmi les soignants interrogés, 55% d’entre eux souffrent de la surcharge administrative, qui implique de remplir les dossiers des patients, une tâche parfois longue et complexe. 46% se disent submergés par les effectifs réduits, et 43% du manque de matériel adapté. Ce cumul du nombre de tâches à accomplir et l’équipement inadapté ralenti le personnel qui se sent surchargé.

Et le travail fournis, souvent ressenti comme colossal, n’est pas justement reconnu selon 54% des interrogés. Le manque de reconnaissance se traduit par une rémunération trop peu importante par rapport aux efforts fournis selon 50.5% d’entre eux. En moyenne en France, un infirmier touche 1948€ net par mois. Et la sensation que le travail n’est assez soutenu se fait ressentir principalement les infirmiers libéraux. Ils représentent 73% du personnel médical qui ressent ce manque.

En plus de la forte charge de travail, les membres de personnel soignant sentent un déséquilibre entre leur vie professionnelle et personnelle, comme l’affirme 85% des soignants. Ce sentiment est induit par un manque d’organisation du temps de travail, avec des plannings non fixes, et une rémunération qui ne permet aux infirmiers libéraux notamment de garder un emploi du temps stable.