Avec le mois sans alcool, cette pratique venue du Royaume Uni sous le nom de dry January, les Français ont un nouvel objectif : arrêter de boire pendant 31 jours, dans le but de se rendre compte du rapport que chacun entretient avec l’alcool et changer ses habitudes par la suite. AB, addictologue, et KL, déléguée générale de Vin et Société, ont débattu sur le sujet au micro de France Inter. 

En société, on a tendance à boire de l’alcool. C’est une boisson conviviale, qui fait partie du patrimoine français puisqu’il s’agit d’ « un produit qui fait rayonner la France » affirme KL, invitée à débattre sur le Dry January le XX janvier sur France Inter. Les Français en consomment en connaissant ses méfaits sur la santé. Selon AB, addictologue, l’alcool est à l’origine d’une malformation fœtale sur deux, d’une « soixantaine de maladies » et de « 49 000 décès » en France par an. Le dry January, ou mois sans alcool, s’impose donc comme une « désintoxication après les excès des fêtes ». Arrêter de boire de l’alcool pendant un mois est un défi que se lance grand nombre de Français. Rapidement, les effets sont visibles : « on dort mieux, on commence à perdre du poids car l’alcool est un produit sucré, on fait des économies et on a un rapport avec l’alcool qui est différent », explique AB. L’arrêt total de la consommation pendant 31 jours crée de nouvelles habitudes : « on a moins ce réflexe, on est moins conditionné ». 

Un arrêt de l’alcool durable ? 

Mais pour KL, arrêter de boire pendant un mois ne semble pas efficace face à la « modération » à plus long terme. « La modération est le concept de santé publique qui a le mieux réussi », chacun tient sa responsabilité de sa consommation d’alcool tout au long de l’année, sans excès, mais tout en gardant le plaisir. « On est arrivé à un point d’équilibre qui réconcilie plaisir et bonne santé ».  
AB lui rétorque que la modération n’est pas prouvée scientifiquement « c’est un concept marketing ». Les conseils de modération de Santé Public France représentent un seuil au-delà duquel l’alcool devient un produit trop dangereux pour la santé. Même avec une consommation modérée, boire de l’alcool représente des risques et « plus la consommation est grande, plus les risques sont grands ». 

Est-ce si simple d’arrêter pendant un mois ? 

AB affirme qu’« on est entouré de propositions, qu’elles soient agressives ou non » qui invitent à consommer de l’alcool. « C’est la pression de la filière » qui agit pour continuer de faire commerce de ce produit, alors même que tout le monde en connait les conséquences. KL répond qu’aujourd’hui, l’Etat et les institutions de santé publique encouragent à ne pas consommer d’alcool, à travers des campagnes de sensibilisation plus ou moins importantes. Selon elle, « les Français sont très largement informés » des méfaits de l’alcool.  
Bien que les français soient informés à travers de nombreuses campagnes de sensibilisation, arrêter l’alcool pendant un mois entier n’est pas toujours une mince affaire, en particulier pour les « malades de l’alcool ». AB affirme que le défi « ne concerne pas », car il s’agit dans leur cas d’une addiction qui doit être accompagnée pour être totalement arrêtée, qu’il reste un défi bon enfant qui ne peut pas non plus permettre une réduction de la consommation d’alcool.